Comment respecter une personne transgenre

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Si vous avez récemment appris qu’une personne de votre entourage était transgenre, il se peut que son identité de genre vous échappe ou que vous ne sachiez pas comment vous comporter avec elle sans risquer de la blesser. Par « transgenre » l’on désigne une personne qui ne se reconnait pas dans le genre qui lui a été attribué à la naissance.

Que ce soit au Mexique, aux États-Unis, en Inde ou ailleurs, les personnes transgenres existent partout dans le monde et dans toutes les cultures. Au sein des sociétés modernes, il n’est pas toujours facile pour ces personnes de vivre pleinement leur identité de genre.

L’on vous explique ici comment comprendre et respecter quelqu’un qui ne se conforme pas aux normes de genres généralement observées.

Respectez l’identité de genre de la personne concernée. Adressez-vous à cette personne comme à l’homme ou à la femme qu’elle se dit être. Indépendamment de son apparence physique, appelez-la par le prénom qu’elle s’est choisi et utilisez le pronom qui lui correspond. Apprenez à vous adresser de façon appropriée à la personne concernée, à moins qu’elle ne se soit pas ouvertement déclarée transgenre. Demandez poliment à ce qu’on vous indique quand il convient de s’adresser à cette personne de telle ou telle manière.
Faites attention lorsque vous faites référence à un quelconque évènement passé. En mentionnant un évènement passé, évitez de faire référence à la vie de la personne concernée lorsqu’elle vivait encore selon son genre assigné à la naissance. Beaucoup de personnes transgenres ne se sont jamais senties d’un autre genre que celui qu’elles revendiquent. Il se peut également qu’elles aient dû cacher ce sentiment pour une raison ou une autre. Évitez donc les phrases du genre « lorsque vous étiez homme/femme » ou encore « avant de changer de sexe ». Demandez à la personne transgenre la formulation qui lui conviendrait le mieux. Vous pourrez toujours éviter toute référence au sexe lorsque vous parlez d’un évènement passé en reformulant vos phrases de façon à diriger l’attention sur l’évènement en soi plutôt que sur l’évènement en relation avec le sexe de la personne concernée. Par exemple, dites « l’année dernière », « lorsque vous étiez enfant » ou encore « lorsque vous étiez en secondaire ». Si référer à la transition est inévitable, dites plutôt « avant d’avoir dévoilé votre véritable identité de genre » ou encore « avant votre transition », si le cas se présente.

Utilisez un langage approprié au genre de la personne. Demandez à la personne les pronoms qu’elle voudrait qu’on utilise en s’adressant à ou en parlant d’elle et respectez son choix. Quelqu’un qui se considère être une femme préfèrera qu’on utilise les noms, pronoms et adjectifs qui lui correspondent. Une personne qui se considère être un homme préfèrera des termes masculins. L’utilisation de ce qu’on appelle langage épicène ou non sexiste a vu le jour vers la fin du 20ème siècle, quoique ce ne soit pas une habitude très répandue.

  • Jacques est votre ami. Il vient de dévoiler sa véritable identité de genre et souhaite désormais qu’on l’appelle Marie. Vous ne direz plus « voici mon ami Jacques, je le connais depuis l’école primaire », mais « voici mon amie Marie, je la connais depuis l’école primaire ». Discutez de toute maladresse de votre part lorsque vous pourrez en parler avec Marie, en privé. Si vous tenez à garder votre amie, vous devrez respecter les choix de Marie et vous adresser à la personne qu’elle est désormais, pas celle que vous avez cru qu’elle était. Il ne devrait pas y avoir de différence handicapante. Vous connaissez mieux votre amie désormais, c’est aussi simple que ça.

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N’ayez pas peur de poser des questions.  Même si certaines personnes transgenres refusent de répondre à des questions concernant leur identité de genre ou en rapport avec la transidentité en général, d’autres n’ont aucun inconvénient à le faire. Toutefois, ne vous attendez surtout pas à ce que la personne concernée vous fasse un dessin sur le sujet. Il est de votre devoir de vous informer vous-même. S’il est clair qu’on ne se sent pas d’humeur à répondre à vos questions, ne forcez pas les choses. Les questions concernant les organes génitaux, les opérations chirurgicales et les anciens prénoms d’une personne transgenre doivent être posées si vous avez vraiment besoin d’en connaître la réponse avant de fournir des soins médicaux par exemple, si vous envisagez d’avoir des rapports sexuels avec la personne transgenre ou si vous avez besoin de son ancien prénom pour des raisons administratives ou légales.
Respectez le droit de la personne transgenre à une vie privée. Ne dévoilez pas son identité de genre sans sa permission. Dire que l’on est transgenre est une décision très difficile que la personne transgenre ne prend pas à la légère. Dévoiler sa transidentité sans son autorisation est une trahison de confiance et pourrait vous coûter votre amitié. Cela l’expose à des discrimination et donc risque même de la mettre en danger voire de lui nuire si sa situation est délicate. Une personne transgenre se dévoilera aux personnes de son choix, au moment qu’elle jugera propice. Ce conseil vaut pour toutes les personnes transgenres, où qu’elles en soient dans leur parcours de transition (y compris si elles ne désirent effectuer aucune transformation physique). Ceux qui ont ouvertement reconnu leur véritable genre voudront que ceux qui ne les connaissaient pas avant leur transformation les traitent en tant que l’homme ou la femme qu’ils se sentent être.
Ne supposez pas que vous savez ce que la personne a vécu ou vit encore.Une identité de genre particulière peut s’exprimer de mille et une façons différentes. L’idée qu’une personne transgenre soit forcément prise au piège du mauvais corps, la supposition qu’une femme transgenre soit féminine ou que toute personne transgenre veuille une transformation physique impliquant hormones et chirurgie, toutes ne sont que des stéréotypes qui s’appliquent à certains, mais pas forcément à d’autres. Laissez-vous guider par ce que la personne vous confie, écoutez-la sans idées reçues. N’imposez pas de théories et ne supposez pas que l’expérience d’autres personnes transgenres que vous connaissez ou dont vous avez entendu parler soit forcément celle de la personne en question. Ne présumez pas qu’elle transforme son corps suite à un traumatisme quelconque ou que cette transformation est une sorte d’échappatoire à son corps.
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Comprenez la différence entre identité de genre et sexualité. Ne présumez pas que le genre d’une personne transgenre implique quoi que ce soit concernant sa sexualité, ce n’est pas le cas. Il existe des transgenres hétéros, homos, bisexuels, asexuels, pansexuels, …, ou en questionnement. Adressez-vous à une personne transgenre en utilisant les termes qu’elle utilise pour se désigner.
Ne changez pas de comportement envers une personne transgenre. Elle appréciera peut-être l’attention supplémentaire que vous lui portez, mais pas que vous en fassiez tout un plat. Une fois que vous en savez suffisamment, n’allez pas trop loin. Une personne transgenre ne changera pas de personnalité une fois son identité de genre dévoilée. Traitez-la comme vous traiteriez toute autre personne.
Une personne qui commence à s’identifier à un genre différent de celui attribué à la naissance passe généralement par une phase assez difficile. Ce qu’il faut c’est être patient, compréhensif et prêt à discuter des difficultés que la révélation de son identité de genre entraîne. Cela ne pourra que l’aider à traverser une période délicate et riche en émotions. Il est préférable de poser des questions ouvertes qui permettent à la personne de vous répondre en partageant ce qu’elle désire partager. Dites par exemple « comment ça va ? », « tu avais l’air tendu, tu veux en parler ? », « tu as l’air content, qu’est-ce qu’on fête ? » ou encore « que puis-je faire pour t’aider durant ta transition ? Je suis toujours là si tu veux en parler. »
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