« Crossdresser » : l’élégance du travestissement

L’avis du « Le crossdresser » : à voir Le crossdresser est un travesti clandestin. Chantal Poupaud en a filmé quatre ici, qui ont accepté d'être montrés à visage découvert, pendant le moment de leur transformation. Chacun leur tour, les quatre individus entrent dans le film en homme, franchissent le seuil de leur porte, se déshabillent, se maquillent longuement, méticuleusement, se coiffent d'une perruque, et se rhabillent dans une tenue féminine, finissant par ressembler à s'y méprendre à une femme. Pendant le temps de ce rituel, ils se livrent à la réalisatrice, parlent de leur pratique, de la place qu'elle occupe dans leur vie, de la manière dont ils se débrouillent avec, du besoin irrépressible qu'ils en ont, du plaisir qu'ils en retirent.

Female Mask - Peggy             STARTING AT: $350.00

  Le premier est le plus surprenant, tant son profil semble aller à rebours de tous les clichés. Père de famille heureux, marié, exerçant un métier qu'on ne connaîtra pas mais dont il dit qu'il est plutôt viril, il n'a subi aucune transformation hormonale, et s'adonne à son penchant crossdresser avec le soutien de son épouse. Le second, et les suivants étonnent moins. Non pas parce qu'ils conforteraient des idées toutes faites. Mais parce que leurs histoires sont étrangement semblables. Alors que le champ du transgenre, l'infinité de nuances et des combinaisons qui le caractérisent, devraient naturellement écarter cet écueil, c'est une des limites du film. L'autre tient au dispositif qui, malgré son caractère sensuel, laisse le spectateur un peu sur sa faim, frustré de ne pas suivre ces personnages aux personnalités si fortes dans le monde, hors de leur cocon de transformation.