«Je veux qu’on me prenne pour une femme»

Transsexualisme. Dans un livre à paraître demain, Marie raconte son combat pour échapper à la souffrance des années où elle s’appelait Marc. Un récit sans concession.

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Une silhouette longiligne moulée dans un jean qui trottine sur des bottines. Des cheveux relevés. Des yeux bleus. Un maquillage léger. Elle dit : «Bonjour, je suis Marie.» La voix est grave, «mais pas plus que celle de ma dentiste», siffle celle qui, il y a encore cinq ans, s’appelait Marc. Marie, c’est l’histoire d’une transsexuelle, née de sexe masculin le 2 août 1959 à Paris, qui vient de plaquer la capitale pour poursuivre en province une vie de roman. Une enfance de garçon et de douleur, une adolescence de fugueur, une vie d’adulte comme DJ à Saint-Germain-des-Prés, où folles, trans et travelos mènent la danse. Des jeunes années qui dérapent dans la dépression, la prostitution, la précarisation. La souffrance d’avoir une bite quand on rêve d’une chatte. La rémission par un boulot d’aide-soignante. Et surtout une opération qui fera de Marc une Marie, qui après des années de combat publie demain aux PUF Mémoires d’une transsexuelle, la belle au moi dormant sous le nom de Marie-Edith Cypris (1).

Le récit de 300 pages est cru comme les histoires de cul. Truffé d’autodérision à l’image de son auteure. Erudit comme quand elle interroge les questions de genre et d’identité sexuelle. Révolté, souvent, contre les associations militantes de la cause trans qui usent d’un vocabulaire «victimaire, pleurent sur leurs épaules mutuelles, voient de la transphobie partout. Moi, je voulais témoigner, partager, secouer.»

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